Berlin, capitale des baleines

16 juin 2003

Berlin.

C’est loin de l’océan qu’une décision capitale pour l’avenir des baleines a été prise cet après-midi. La Commission Baleinière Internationale a en effet décidé de la création en son sein d’un Comité de Conservation chargé d’étudier les menaces environnementales qui pèsent sur les grands cétacés à travers l’océan mondial. Cette proposition baptisée « Initiative de Berlin » a été présentée par 20 pays dont la France et acceptée à 25 voix pour et 20 voix contre. Il reste à établir les règles de fonctionnement de cette structure avant la prochaine session de la Commission Baleinière qui se tiendra en Italie en juillet 2004.

La mise en place de ce Comite de Conservation dès le premier jour de la CBI est une victoire pour tous les pays et toutes les organisations qui considèrent que les pollutions sont des menaces aussi importantes que les harpons. Ce vote marque un renversement de tendance ; c’est une bouffée d’air frais pour la Commission Baleinière dont les débats étaient paralysés depuis plusieurs années par un conflit systématique entre les pays chasseurs et non-chasseurs, empêchant tout débat de fond sur l’avenir des baleines.  » Ceux qui votent contre cette proposition votent contre la conservation  » a déclaré le délégué mexicain, un des instigateurs de l’initiative de Berlin. Les nostalgiques des steack de baleines, la Norvège, le Japon et l’Islande, sont peu enclins à admettre que les baleines, situées au sommet de la chaîne alimentaire marine et sujettes à l’accumulation des polluants, sont menacées par la dégradation de l’environnement. La principale victime dans ce domaine est pourtant le Japon. Une étude de l’Environmental Investigation Agency portant sur 38 échantillons de viandes de cétacés (baleines et dauphins) vendues sur le marché japonais entre mars 2001 et février 2003 montre que 62% des produits dépassent les valeurs-guides japonaises admissibles pour la consommation humaine en mercure, un métal lourd qui provoque des dommages neurologiques.

Le travail à accomplir par ce Comité de Conservation est énorme. Parmi les objectifs prioritaires d’étude se trouvent les menaces liées au cumul des pollutions océaniques, aux captures accidentelles, à l’effort mondial de pêche, aux collisions avec les navires, aux modifications physiques des habitats en zone côtière et de prospection pétrolière, et les effets sur les écosystèmes marins des évolutions climatiques.

Si à l’avenir la chasse commerciale à la baleine était à nouveau autorisée par la Commission Baleinière, les attributions de quotas espèce par espèce devront tenir compte des constats du Comité de Conservation. Le principe de précaution est entré dans la CBI.

Version 2.

Voir également 1er communiqué de presse de Robin des Bois sur la 55ème session plénière de la CBI : « Positiver les Baleines ».

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