Le Japon contre temps et marées

19 juil. 2004

56ème Commission Baleinière Internationale
Sorrente -Italie
Communiqué n°2.

Coalition francophone – ECCEA, Robin des Bois, ASMS OceanCare

La Commission Baleinière Internationale -CBI- persiste à être une convention internationale polémique. Des pays comme la Nouvelle-Zélande, l’Australie, Monaco, la France, l’Italie, les Etats-Unis et le Royaume-Uni mettent en avant la survie des espèces tandis que les pays-membres asiatiques organisent l’hégémonie de leurs industries de la pêche en collectant sans trop de mal les votes des pays africains, des Caraïbes et d’autres pays en voie de développement (1).

À sa création en 1946, la CBI représentait les intérêts des pays chasseurs qui jouèrent un rôle majeur dans la décimation des populations de baleines au niveau mondial. C’est notamment l’indignation du public qui a sauvé ces espèces ; dans les années 1980 et 1990, de larges étendues de l’océan sont devenues des sanctuaires. Mais la haute finance internationale est un monde de requins. L’objectif de l’Asie n’est pas la reconduction mais la révocation ou l’affaiblissement de ces accords.

Le Japon prétend que les baleines sont responsables de l’effondrement des stocks de poissons et qu’en conséquence, elles doivent être chassées. Les études scientifiques montrent que la responsabilité en revient plus vraisemblablement à la surpêche exercée depuis des décennies par des pays de l’hémisphère nord. Le credo japonais des baleines dépeuplant l’océan mondial est entonné pour berner le public (2).

L’industrie de la pêche japonaise, ses ramifications et ses pavillons de complaisance représentent une force mondiale considérable de prédation. Alors que la communauté internationale s’oriente vers une réduction des captures et une gestion régionale appliquées à toutes les formes de pêche, les flottes asiatiques et affiliées exercent une pression de plus en plus importante. Les flottes industrielles de haute mer pourraient conduire les stocks à des niveaux exceptionnellement bas et engranger des profits exceptionnellement hauts pendant encore quelques dernières années, avant de se reporter vers d’autres espèces comme des méduses et les concombres de mer.

Les pays africains et micro-états insulaires des Caraïbes ont peu à gagner d’une alliance dans ce domaine avec le Japon comme le montre le rapport ECCEA-SCPW publié en 2002  » Analyse socio-économique des investissements japonais dans les activités de la pêche aux Caraïbes de l’Est  » (3). Ce rapport a nourri les réflexions du Parlement japonais qui en définitive a redéfini les critères d’aide aux pays en voie de développement avec comme souci principal la réduction de toutes les formes de corruption.

Mais au sein de la CBI, les rapports entre le Japon et les pays en voie de développement sont basés sur la loi du  » toi à moi « , derrière les portes fermées, avant les réunions plénières. Une situation qui à défaut d’une réaction de la communauté internationale mène à une impasse (4).

(1) ASMS OceanCare: “Legal limits for exercising power by states on the voting behavior of other states within international organizations”, www.oceancare.org.(2) ECCEA, 3mF, ProWildlife: “Running out of Fish…Who is responsible for the plundering of the oceans?” www.eccea.org. (3) www.eccea.org. (4) ASMS OceanCare: “Vote buying in International Fora”, www.oceancare.org

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