Positiver les Baleines

15 juin 2003

55ème Commission Baleinière Internationale
16 – 19 juin 2003
Berlin.

Les mots accusent les baleines de tous les maux. Elles vident la mer des poissons, elles constituent un risque mortel pour les voiliers de course, de même qu’elles attaquaient les paquebots au 20ème siècle. « L’initiative de Berlin » prise par 18 pays membres* de la Commission Baleinière Internationale -CBI- dans le cadre de la 55ème réunion plénière cherche à renverser le courant et à installer au sein de la Commission un Comité de Conservation des baleines qui fonctionnerait en liaison et en complémentarité avec le Comité Scientifique existant. Le rôle de cette nouvelle structure officielle serait en conformité avec le texte fondateur de la Convention de 1946 qui appelle « dans l’intérêt de tous les pays du monde à sauvegarder pour les générations futures les grandes ressources naturelles que représentent les populations de baleines ».

Les grands pays baleiniers survivants, le Japon et la Norvège, et leurs quelques alliés caraïbes et asiatiques, risquent de s’opposer en bloc à l’initiative de Berlin, obnubilés par la seule reprise de la chasse et peu enclins à dénombrer de par l’océan mondial les menaces qui pèsent sur les baleines.

D’ores et déjà, les pays signataires de l’initiative de Berlin identifient pour les baleines dans le cours du 21ème siècle des risques majeurs et non-exhaustifs : l’effort mondial de pêche, les captures accidentelles, la contamination interne par le cumul des pollutions océaniques, les collisions avec les Navires à Grande Vitesse, les modifications physiques des habitats en zone côtière et de prospection pétrolière, et les effets sur les écosystèmes marins des évolutions climatiques. La réflexion et l’action de ces 18 pays-membres rejoint les constats et les appels lancés depuis 10 ans par les organisations de protection de l’environnement observatrices à la CBI dont EIA -Environmental Investigation Agency-, Whale and Dolphin Conservation Society, Greenpeace et Robin des Bois.

Pour sa part, Robin des Bois renouvelle aussi à Berlin, auprès de toutes les délégations et en particulier de la délégation française, ses encouragements à relancer les recherches sur les contributions positives des baleines pendant tout leur cycle de vie pour les écosystèmes marins et les ressources en poissons. A la suite et à la demande de la Conférence des Nations-Unies à Stockholm en 1972, portant sur la prise en compte de l’environnement et sa protection, des travaux ont été lancés sur le rôle positif des baleines dans la distribution du plancton et dans le recyclage et la dispersion des nutriments marins. L’essentiel de ces recherches date de 1975 à 1980 même si des universitaires américains ont en 1989 mis en évidence que les squelettes des baleines grises gisant au fond de l’Océan Pacifique contribuaient à la formation et à la dissémination de bactéries et de coquillages spécifiques. Dans le cadre des travaux du Comité Scientifique existant et de l’éventuel Comité de Conservation, la CBI doit aux baleines et à l’objectivité scientifique de développer cet axe de recherche.

* Australie, Brésil, Finlande, France, Allemagne, Ireland, Italie, Kenya, Mexique, Monaco, Pays-Bas, Nouvelle Zélande, Portugal, San Marin, Espagne, Suède, Grande Bretagne, Etats-Unis.

Version 2.

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