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Bulletin « A la Casse » n°1

Bulletin d’information sur la démolition des bateaux. A la différence du Clemenceau, aucun des bateaux désignés n’a subi de désamiantage préalable. Certains sont d’origine européenne.

En Angleterre, le chantier de démolition Able ” Teeside Environmental Reclamation and Recycling Center ” est en attente des autorisations de la collectivité locale d’Hartlepool et de l’agence britannique de l’environnement. Depuis plus de 2 ans, 4 anciens navires de la marine militaire américaine ont été remorqués en Europe. Exigeant le retour aux Etats-Unis des 4 “ghost-ships “, des organisations écologistes ont bloqué le processus de recyclage. Les bateaux sont toujours en attente à Hartlepool.

En Asie : Bahagia. Tanker, 3.872 t de ferrailles. Pavillon Singapour. Construit au Japon en 1977. Détenu en octobre 2005 dans le cadre du mémorandum de Tokyo. Certificat de classification valable jusqu’en 2008 par la société japonaise NKK. Vendu pour démolition au Bangladesh pour 375 $ la t.

Herakles. Marchandises diverses, 159 m de long, 5.212 t de ferrailles. Pavillon Thaïlande. Construit enEspagne en 1976. Gestionnaire grec. Vendu pour démolition au Bangladesh, pour 353 $ la t.

Jelita. Marchandises diverses, 4.912 t de ferrailles. Construit en 1977. Pavillon Indonésie. Armateur inconnu. Vendu au Bangladesh. Après un échouage sur un récif de corail suite à une grosse tempête et un remorquage dans le port Kenyan de Mombasa, les 23 membres d’équipage ont été abandonnés. Le navire a été vendu aux enchères. Les marins ont été rapatriés en Indonésie avec 60% de leurs salaires.

Jovial Duckling. Tanker, 236 m de long, 13.073 t de ferrailles. Construit au Japon en 1980. Pavillon Panama. Double coque. Régulièrement affrété en Europe du Nord. Retenu à Baltimore et à Gibraltar en 2002 pour déficiences. Echouage en Turquie en été 2004 suite à une panne moteur. Vendu pour être démoli au Bangladesh, pour 347 $ la t.

Linnea. (Ex. Övik Saga). Passagers / Marchandises diverses 1.500 t de ferrailles. Construit en 1964. Pavillon des îles Vierges Britanniques. Apres 10 ans d’abandon en Thaïlande puis en Malaisie, vendu pour démolition au Bangladesh. Liaisons entre le Danemark et le Groenland, 197 passagers.

Lyra. (Ex. Sirius). Vraquier, 176 m de long, 27.140 t de ferrailles. Construit au Japon en 1976. Céréalier. Pavillon Chypre. Vendu pour être démoli à 350 $ la t au Bangladesh.

Pageia. (Ex.???? Pavillon Russie) Navire de recherche, 7.836 t de ferrailles plus 300 t d’aluminium. Payé en espèces, en l’état, à Chypre pour 385 $ la t.

Spirit of Yahveh. Vraquier 154 m du long, 5.445 t de ferrailles. Céréalier. Construit au Japon en 1980. Pavillon Panama. Ex. Lion Glory, Orion Glory, Odelia, Eastern Glory, Handysize Bulker. Au Sri Lanka, les 20 membres de l’équipage ont assigné en justice l’armateur pour non-paiement de 140.611 $ (de Singapour).

Triumph. Vraquier, 6.750 t de ferrailles. Construit au Japon en 1976. Pavillon Libéria. Vendu pour démolition au Bangladesh.

Deux gros bateaux de pêche bulgare et ukrainien, Amfibio (EX. Ofélia). 88 m du long construit en 1975 en Pologne et le Westfishing (Ex. Orkevi), 62 m du long, construit en 1984 en Allemagne de l’est, pavillon URSS jusqu’en 1992, ont été vendus pour démolition en Inde.

Plusieurs autres bateaux sont voués à la démolition depuis le début de l’année 2006 mais les contrats avec les chantiers ne sont pas encore définis : Il s’agit des Grampian City, Kommandor Amalie, NCC Jizan, Chevron Mississippi, Sentosa, Chios Horizon.

Analyse : le mois de janvier est par tradition calme dans le domaine de la démolition des navires. Cette pause s’inscrit dans un marché lui-même déprimé depuis le 2ème semestre de l’année 2005. Le retrait partiel des pétroliers à simple coque n’a pas eu des répercussions immédiates pour les chantiers de démolition.

Le cas du Rotterdam : Le paquebot Rembrandt (Ex. Rotterdam). Lancé en 1958, il devrait être converti en hôtel flottant à Rotterdam. Soumis depuis le début de l’année à un carénage dans le chantier naval de Cadiz en Espagne, il devrait dans quelques semaines rejoindre le chantier naval de Gdansk en Pologne pour être désamianté. Les quantités d’amiante ne sont pas connues. Le désamiantage partiel serait proportionné à la nouvelle vocation du navire et respectueux de la somptueuse décoration. Le dossier n’a pas été abordé à notre connaissance sous l’angle de la convention de Bâle ou de tout autre accord européen sur les déchets amiantés.

Sources: Abandoned Seafarers Andrew Mwangura, Business Line, Clarkson’s World shipyard Monitor, Clarkson’s Shipping Intelligence Network, Clarkson’s Shipping Intelligence Weekly, Equasis, Freshly Minted Marine, IACS Permanent Secretariat’s Report, James Fisher and Sons plc Annual Report and Financial Statements, Lloyd’s List, Maritime Matters, Mémorandum de Tokyo, Newsroom – Detentions, Online edition of Daily News, Seatrends, SRJ Ship Repair Journal, archives et sources personnelles Robin des Bois.