Pillage, commerce et maltraitance

Vivants ou morts, entiers ou en morceaux, les animaux sauvages sont une marchandise ordinaire à vendre au plus offrant jusqu’à l’extinction de l’espèce. Les réseaux criminels s’enracinent, s’enrichissent, se mondialisent et se diversifient. La faune est traquée pour décorer, habiller, faire bander, guérir, divertir et se nourrir. Un cauchemar. Depuis juillet 2013, Robin des Bois publie « A la Trace », trimestriel unique sur le braconnage et la contrebande de la faune sauvage, sur les risques sanitaire du commerce international et sa cruauté. La disparition progressive de la faune sauvage prive la Terre de ses plus belles couleurs.

S’il te plait, tu veux bien rallumer les espèces ?

14 mars 2013

S’il te plait, tu veux bien rallumer les espèces ?

CITES à Bangkok
Communiqué n°8

Les espèces animales s’éteignent. La plénière de la CITES – Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction – à Bangkok a été l’occasion d’enterrer définitivement et sans cérémonie le Thylacinus cynocephalus et quelques espèces rayées de la planète en un siècle. Leurs arbres généalogiques remontaient à plusieurs millions d’années. Les extinctions s’accélèrent.

Ces catastrophes biologiques ne sont pas provoquées par des ruptures climatiques, des mutations géologiques ou des inadaptations fonctionnelles. L’homme en est le chef d’orchestre par des manipulations ou des introductions hasardeuses et par l’exploitation radicale de ses environnements.

Lire la suite

Le capitalisme de l’extinction

12 mars 2013

Convention sur le Commerce International des Espèces de Faune et de Flore sauvages menacées d’extinction
CITES 2013 – Bangkok, 18h00 (heure locale)
Communiqué n°7

Tirer des profits des extinctions d’espèces, c’est effectivement une filière d’avenir que la CITES – Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction – s’attache à développer.

Dans la perspective d’une réouverture du commerce international de l’ivoire, le secrétariat de la CITES a lancé en août 2011 un appel d’offres pour la réalisation d’une étude « indépendante ». L’appel d’offres a été remporté par des consultants spécialisés d’Afrique australe. Parmi les 5 auteurs, on peut noter la présence de Rowan Martin, directeur des recherches sur la faune sauvage au Zimbabwe et Debbie A. Peake, l’un des meilleurs taxidermistes du Botswana. La recommandation majeure de l’étude est de fonder le CISO (Central Ivory Selling Organisation), un office unique de la vente d’ivoire. Le CISO fonctionnerait sur le modèle du Diamond Trading Company (DTC) mis au point il y a plus de 100 ans par la Compagnie De Beers : un siège unique, un directoire nommé par les principaux Etats producteurs, des ventes régulières aux transformateurs privés ou gouvernementaux reconnus et attitrés, des circuits courts réduisant les risques de mélange avec de l’ivoire illégal. Les ventes inter-africaines seraient interdites. Le rapport estime qu’il serait possible de « récolter » 8 tonnes d’ivoire par an par unité de 10.000 éléphants soumis à la chasse, à l’abattage volontaire et à la mort naturelle. Les auteurs soulignent que cette exploitation est envisageable à la condition qu’il n’y ait pas de désordres civils ou de conflits armés dans les pays producteurs. Dans le rapport, l’ivoire est un minerai détaché de toute considération biologique, éthique et culturelle.

Lire la suite

CITES : votez blanc !

11 mars 2013

Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction
CITES 2013 – Bangkok, 19h00 (heure locale)
Communiqué n°6

Que les Etats-Unis, la Russie et l’Union Européenne portent cette semaine en séance plénière de la 16ème assemblée de la CITES* une proposition commune sur les ours polaires, tel est le message de Robin des Bois à Bangkok.

Cette nouvelle proposition du dernier recours pourrait interdire le commerce international des ours polaires en provenance des 8 sous-populations en déclin régulier. Elle serait moins contraignante que l’Annexe I –interdiction du commerce international pour toutes les populations – et serait donc susceptible de recueillir plus de suffrages que la proposition initiale des Etats-Unis. Le déclin de certaines sous-populations est reconnu par tous, y compris le Canada. Dès 1991, le Canada considérait que le sort de l’ours polaire soulevait de graves inquiétudes. Les ours polaires dans le secteur Ouest de la baie d’Hudson sont spécialement visés.

Lire la suite

Raie Manta

11 mars 2013

Raie Manta

Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction
CITES 2013 – Bangkok, 17h50 (heure locale)
Note d’information

Raies Manta (Manta spp): la proposition d’inscription en Annexe II du Brésil, de la Colombie et de l’Equateur a été acceptée par 96 voix pour, 23 contre et 7 abstentions (vote à bulletin secret à la demande du Cambodge). La Thaïlande a soutenu cette proposition. Les raies Manta peuvent avoir jusqu’à 7 m d’envergure. Les populations sont très fragmentées. La croissance est très lente. Elles atteignent leur maturité sexuelle à 10 ou 15 ans. La période de gestation est de 10 à 14 mois. Elles donnent naissance à un petit tous les 2 à 3 ans. Elles sont pêchées pour leurs plaques branchiales utilisées dans la pharmacopée asiatique. Ce marché est estimé à 3,8 millions d’euros/an. Les grossistes font beaucoup de profit, les pêcheurs très peu. Les revenus directs du tourisme de plongée pour observer les raies Manta atteignent d’ores et déjà à travers le monde 58 millions d’euros.

Lire la suite

Les requins se rebiffent

11 mars 2013

Les requins se rebiffent

Convention sur le Commerce International des Espèces de Faune et de Flore sauvages menacées d’extinction
CITES 2013 – Bangkok, – 17h00 (heure locale – 11h00 à Paris)
Communiqué n°5

Sur 35.000 espèces animales et végétales inscrites aux annexes de la CITES*, seuls 15 poissons figurent à l’Annexe I et 81 à l’Annexe II. Les pêcheries sont stratégiques et politiques. Elles alimentent l’humanité en même temps que les revendications territoriales océaniques. A Bangkok, le thon rouge a malheureusement disparu de tous les écrans de contrôle. En revanche, les requins sont revenus à la charge.

Lire la suite

Le « Beau Mâle », le parfum qui tue

8 mars 2013

Le « Beau Mâle », le parfum qui tue

Une publicité pour le parfum de Jean-Paul Gaultier met en scène un beau mec et des dépouilles d’ours polaires.

Les ours polaires sont menacés d’extinction. La chasse vise en priorité les mâles. Les ours polaires sont aussi menacés par la contamination chimique de l’Arctique, les pollutions sonores, la pénurie alimentaire et les dérèglements climatiques.

Bien entendu l’authenticité de ces parties d’ours polaires à usage publicitaire n’est pas garantie. Mais l’image véhicule la croyance dans les vertus du charme et de la virilité des parures animales. Au moment où la CITES – Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction – vient de refuser l’inscription à l’Annexe I (1) de l’ours polaire, cette publicité est particulièrement mal venue.

Lire la suite

Embargo sur les sirènes

7 mars 2013

Embargo sur les sirènes

Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction
CITES 2013 – Bangkok, 16h45 (heure locale)
Communiqué n°4

Les lamantins des Caraïbes et les lamantins de l’Amazone sont inscrits à l’Annexe I de la CITES depuis 1975.

Il a fallu attendre 38 années pour que le lamantin d’Afrique de l’Ouest (Trichechus senegalensis) bénéficie de cette protection. Son commerce international est désormais interdit. La proposition du Sénégal, du Bénin et de la Sierra Léone a été acceptée par consensus. L’effectif des lamantins d’Afrique de l’Ouest est aujourd’hui estimé à moins de 10.000 individus répartis dans les eaux côtières et estuariennes de 21 pays. Ils atteignent une longueur de 3 à 4 mètres et un poids de 300 à 500 kg. Des individus exceptionnels peuvent atteindre 4 mètres de long et peser plus de 1.000 kg Les lamantins sont exclusivement herbivores. Ils sont communément qualifiés de vaches marines. Avec 30 kg de plantes aquatiques consommées chaque jour, ils sont considérés comme le meilleur moyen biologique de lutter contre la colonisation des milieux aquatiques par les espèces végétales invasives comme les jacinthes d’eau douce.

Lire la suite

Le commerce international des ours polaires continue

7 mars 2013

Le commerce international des ours polaires continue

Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction
CITES 2013 – Bangkok
Communiqué n°3
– 12h50 (heure locale)

La communauté internationale impuissante à freiner la fonte de la banquise arctique est également impuissante à protéger les ours polaires du commerce international.

La proposition des Etats-Unis d’inscrire l’ours polaire en Annexe I de la CITES a été refusée par 38 voix pour, 42 voix contre, 46 abstentions (les décisions se prennent à la majorité des 2/3 des votes exprimés).

Lire la suite

Les ours polaires trahis par l’Union Européenne

5 mars 2013

Les ours polaires trahis par l’Union Européenne

A Doha au Qatar en 2010, l’Europe a eu un rôle déterminant dans le rejet de la proposition américaine d’inscription à l’Annexe I de l’Ursus maritimus. Elle s’y était opposée.

A Bangkok, 3 ans après, l’Union Européenne tente de repousser à nouveau la proposition des Etats-Unis soutenue par la Russie en proposant le maintien des ours polaires sous le régime de l’Annexe II qui autorise les échanges internationaux d’ours polaires ou de leurs parties. L’Union Européenne évoque un compromis. En fait, c’est un statu quo. L’UE assortit sa proposition de quelques exigences déjà exprimées par les spécialistes, des ONG environnementales et certains pays de l’aire de répartition : mieux connaître l’état des sous-populations, enquêter sur les filières de braconnage, évaluer les effets des captures et de la chasse sur l’espèce.

Lire la suite

CITES : 40 ans et plus toutes ses dents

4 mars 2013

Convention sur le Commerce International des Espèces de Faune et de Flore sauvages menacées d’extinction
CITES 2013 – Bangkok

Lors de sa signature il y a 40 ans, la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction était visionnaire comme l’ont souligné les discours prononcés à Bangkok à l’occasion de l’ouverture de sa 16ème session plénière. Aujourd’hui elle est retardataire. Elle est déconnectée des contaminations chimiques et radioactives de la faune sauvage, des perturbations climatiques, des chaos politiques et des transhumances humaines qui accélèrent la vitesse d’extinction de la biodiversité.

Lire la suite