Sites pollués

Les strates de l’industrialisation et la désindustrialisation ont superposé dans les sols et sous-sols terrestres et aquatiques des couches de pollutions et greffé dans le paysage et la géologie des bâtiments pollués, des amas de stériles, des fûts et des cuves qui libèrent au fur et à mesure de leur exposition aux intempéries et de la corrosion des résidus et poussières toxiques. L’empreinte écologique de ces ex-activités a une tendance naturelle à s’effacer de la mémoire collective et administrative. Gare à l’oubli et aux reconversions hâtives des friches industrielles et des stations-service.

Canari: la facture de l’amiante

21 juin 1996

Au début de la semaine prochaine, une réunion capitale pour l’avenir du Cap Corse se tiendra au siège du Comité Permanent Amiante à Paris, en présence de hauts responsables du Ministère de l’Environnement et des sociétés Eternit, Saint-Gobain, Fibrociment et Everit, actionnaires majoritaires de l’ex-Société Minière de l’Amiante qui a exploité entre 1937 et 1965 des carrières et une usine de traitement et conditionnement d’amiante à Canari.

Après avoir déversé 12 millions de tonnes de déchets dans le Golfe de Saint-Florent, négligé les prescriptions réglementaires concernant le travail en milieu amiantifère – 5 dockers du port de Bastia sont morts de cancers provoqués par l’amiante -, les exploitants ont laissé le site dans un état lamentable, exposant les riverains et les occupants à titre précaire de certains locaux industriels aux risques de cancérogénèse et aux glissements de cônes de déchets.

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Concours pour l’appellation du Grand Stade : propositions de Robin des Bois

15 nov. 1995

Le stade du goudron
40 000 tonnes de goudron ont été excavées du site et incinérées dans des conditions médiocres, y compris dans des cimenteries. Le goudron avait été oublié par Gaz de France depuis la fermeture de l’usine à gaz du Cornillon en 1957. Le goudron, sous-produit fatal de la distillation du charbon est nocif pour les nappes phréatiques.

Le stade du Megabombus ruderatus
Les cloaques de goudron étaient enfouis à partir de trois mètres de profondeur. La friche du Cornillon avait été recolonisée par des arbustes épineux et fruitiers. Selon André Pouvreaux, directeur du laboratoire de neurobiologie comparée des invertébrés, à Bures-sur-Yvette, le Mégabombus ruderatus, alias le “bourdon des friches”, insecte strictement protégé en Ile-de-France aurait pu être représenté sur la friche du Cornillon. Son rôle pollinisateur est utile aux vergers de la banlieue Nord de Paris. Malgré les assurances de Mr. François Kosciusko-Morizet, aucun inventaire faune-flore n’a été réalisé sur le site. Les bulldozers sont arrivés avant les naturalistes, au mépris total de la loi.

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La Flèche n°27

3 mai 1995

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La Flèche n°26

3 oct. 1994

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Saint-Denis : le scandale du Grand Stade

4 mai 1994

Action en cours

8 mois après la décision de construire le stade de la future coupe du monde de football sur le site du Cornillon à Saint-Denis, aucune alternative n’a été offerte aux personnes et aux familles résidant sur la friche.

Dès le 19 octobre 1993, Robin des Bois exigeait une étude de pollution du sous-sol des 30 hectares où était implantée jusqu’en 1970 l’une des plus importantes usines à gaz et distilleries de goudron de la région parisienne. En plus de cette étude d’impact écologique, nous demandions une étude d’impact social et la prise en compte des intérêts des occupants du terrain du Cornillon.

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La Flèche n°25

1 avril 1994

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Grand Stade à Saint-Denis. Réaction

19 oct. 1993

A Lyon, la phase d’investigation et d’auscultation du sous-sol de l’usine à gaz de Lyon-Perrache dure depuis un an ; et face à la complexité des pollutions, un complément d’information vient d’être demandé.

A Saint-Denis, l’inventaire des pollutions et la décontamination du site doivent être terminés en un an.

Robin des Bois observera avec vigilance et enthousiasme la réalisation de cet exploit technologique peu conforme au quasi immobilisme des autorités gouvernementales en matière de décontamination des sols pollués et de résorption des points noirs.

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Saint-Denis : le stade pataugaz

13 oct. 1993

Même s’ils semblent ignorés par Madame le Ministre de la Jeunesse et des Sports, les dangers multiples des reconversions des sites d’usines à gaz sont connus en Europe depuis plus de 10 ans. En 1981, un rapport des laboratoires Harwell présenté au gouvernement anglais sous le titre “Problèmes soulevés par les usines à gaz et les sites analogues” dénonçait la présence, dans ces sous-sols industriels, de composés arséniés, cyanurés, benzéniques, dissimulés dans des canalisations et des réservoirs non répertoriés sur les plans.

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Saint-Denis : un grand stade sur un terrain miné ?

21 sept. 1993

La Baule – 21 et 22 Septembre 1993
Contribution de Robin des Bois aux 2ème Assises Nationales des Déchets Industriels

A Saint-Denis, dans la banlieue nord de Paris, le site pressenti pour la construction du grand stade de la coupe du monde de football de 1998, est une friche industrielle où Gaz de France exploitait jusqu’en 1950 une des usines à gaz les plus importantes de l’agglomération parisienne.

A Nantes, en décembre 1990, le chantier de construction d’un immeuble résidentiel a fait une découverte d’archéologie industrielle, encombrante et fort coûteuse. L’une des premières pelleteuses arrivées sur le site plongeait son godet dans des cuves dont la présence avait été oubliée et qui contenaient des résidus de distillation de la houille, matière première des usines à gaz de la première moitié du siècle.

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Ivry : Le Monde ou le Tiers-Monde ?

7 juil. 1992

Depuis plusieurs mois, des collaborateurs du journal Le Monde travaillant dans des locaux administratifs ou rédactionnels (immeuble Sirius) sont victimes de troubles sévères et répétitifs : brûlures oculaires, picotements du visage, démangeaisons, acnés, oppressions respiratoires.

Les services généraux du journal n’attachent pas à cette pathologie l’attention qu’elle mérite et ne déclenchent pas toutes les investigations nécessaires.

Tout le site du Monde à Ivry est installé sur la friche industrielle de SKF. Pendant des dizaines d’années, dans le monde industriel, la bonne gestion des déchets et des matières dangereuses n’était pas une priorité pour le personnel et encore moins pour la direction. En mai 1986, le terrain SKF a été vendu à la Mairie d’Ivry qui en a revendu la plus grande part au journal Le Monde. Si SKF était très compétent pour dresser des fichiers sur la “mentalité” et la capacité de militantisme de ses ouvriers, il l’était beaucoup moins pour dresser un fichier de ses transformateurs au pyralène (huile isolante chlorée). La mairie d’Ivry a elle aussi négligé d’observer les nombreux textes législatifs concernant l’élimination des PCB ou les démarches règlementaires sur la résorption des dépôts de déchets toxiques ou dangereux.

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