Des requins passagers clandestins

13 avril 2020

Le Shen Gang Shun 1, un thonier chinois de 49 mètres de long s’est échoué à 8h20, le samedi 21 mars sur l’atoll d’Arutua, archipel des Tuamotu en Polynésie française à la suite d’une erreur de navigation manifeste. Les 36 membres de l’équipage ont été évacués dans des conditions difficiles par un hélicoptère Dauphin mobilisé par le Haut Commissariat de la République française en Polynésie. Ils ont ensuite rejoint, grâce à la navette maritime de l’île voisine de Rangiroa, 3 thoniers appartenant au même armateur que le Shen Gang Shun 1. L’épave est donc abandonnée y compris par son commandant qui serait Taïwanais selon les registres de la Commission des pêches du Pacifique occidental et central.

Après l’évacuation de l’épave, des pêcheurs locaux montés à bord ont découvert dans les cales des thons et des requins bleus (Prionace glauca) aux ailerons coupés.

© JRCC Tahiti et Polynésie La 1ère

La veille de l’échouage, le Shen Gang Shun 1 avait quitté Papeete sur l’île de Tahiti, après avoir effectué des réparations et le plein de gasoil. La présence des requins avait échappé à la vigilance des contrôleurs du port. Le port de Papeete est un hub majeur pour la flotte chinoise dans le pacifique sud qui l’utilise pour des réparations, des carénages, de l’avitaillement et du soutage. Selon le Haut Commissariat, les moyens aériens, maritimes et satellitaires déployés par l’Etat français garantissent qu’aucun navire étranger ne pêche dans les eaux sous juridiction polynésienne. Teva Rohfritsch, ministre de l’Economie bleue de la Polynésie française est sur la même ligne. Il n’empêche que le transit à Papeete de thoniers chinois cachant dans leurs cales des requins congelés et amputés de leurs ailerons est en violation du Code de l’Environnement local qui interdit, en tout temps et en tout lieu à l’intérieur de la Zone Economique Exclusive de la Polynésie française, la détention et le transport de toutes les espèces de requin.

Dans tous les cas, une telle pratique tolérée à Papeete serait interdite à Concarneau, à Boulogne-sur-Mer, dans tout autre port de pêche ou de commerce de la métropole et passible de saisies, d’amendes, de détention des navires et de procès.

A ce jour l’épave est toujours sur place et serait responsable d’une marée noire.

 

 

 

 

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