Communiqué CITES CoP20 n°9
2007. CoP14, La Haye, Pays-Bas. Le pernambouc est inscrit à l’Annexe II. Le commerce international du bois et de ses sous-produits est soumis à l’approbation du Brésil, le seul pays de l’aire de répartition. Les archets et autres produits finis restent en commerce libre.
2022. CoP19, Panama, Panama. Les archets produits au Brésil sont soumis à un permis d’exportation.
2025. CoP20, Samarcande, Ouzbékistan. Le pernambouc et les sous-produits restent en Annexe II avec un quota zéro pour les spécimens prélevés dans la nature. Cette annotation équivaut à une interdiction du commerce international puisqu’aucune plantation de pernambouc n’est validée par l’Ibama (Institut brésilien de l’environnement et des ressources naturelles renouvelables).
© Natália Alana. Pau-brasil: o tesouro nacional cobiçado pela indústria da música clássica
Désormais, la commercialisation internationale des archets, quel que soit leur pays de production, est soumise à un permis d’exportation, sous réserve que le bois provienne d’un pernambouc abattu avant 2007 et que l’archetier puisse le prouver par un document légal.
Les 185 pays signataires de la CITES doivent en outre faire connaître le risque d’extinction planant actuellement sur le pernambouc et son lien avec la production d’instruments de musique à cordes.
Des marchandages et des pressions cordiales (“Mon cher Lula, tu ne vas pas me faire ça”) ont volé aux pays d’Amérique du Sud et d’Afrique, aux archetiers et musiciens éclairés, à Robin des Bois et aux ONG sud-américaines une victoire claire et nette. La communauté internationale était prête à voler au secours du pernambouc ou pau-brasil, l’arbre emblématique, la cible des conquistadors qui dès le 17ème siècle se sont battus pour lui, pour en extraire son sang rouge et ses sonorités prétendument exceptionnelles. Ce processus évident s’est enlisé à cause de l’Union européenne qui a proposé un groupe de travail, une manœuvre classique et autorisée par la CITES. Ce groupe de travail a accouché d’une partition alambiquée. Le sceau de l’Annexe I a été évité. Cependant sans en avoir la clarté et la pérennité, cette décision de maintenir l’arbre emblématique en Annexe II avec un quota zéro est similaire à une inscription en Annexe I.
Les Etats sont également “instamment priés” d’améliorer et d’harmoniser la traçabilité des archets, de fournir des informations sur les stocks nationaux de baguettes et de bois. Une telle demande moins pressante avait déjà été formulée en 2022 mais elle était restée lettre morte.
Si ces nouvelles mesures destinées à lutter contre la fraude institutionnalisée du marché du pernambouc et des archets ne sont pas sérieusement appliquées, le rendez-vous est pris dans trois ans pour une nouvelle proposition d’inscription du pernambouc en Annexe I de la CITES.
Pour sa part, Robin des Bois va continuer jusqu’à la CoP21 à faire pression sur la filière violons, sur les fabricants et les vendeurs de médiators, de stylos et de poudre tinctoriale issus de l’exploitation des pernamboucs.
Voir l’ensemble des publications de Robin des Bois au sujet de la Cop20 de la CITES en Ouzbékistan
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