Terrassés par qui ou quoi ?

3 juil. 2020

La mort de près de 400 éléphants au nord du Botswana depuis 3 mois est mystérieuse. Elle est aussi suspecte. Elle s’inscrit dans un contexte politique et social douloureux pour les éléphants. L’actuel président du Botswana et les députés du Nord sont d’accord avec les agriculteurs du delta de l’Okavango pour considérer l’éléphant comme un nuisible, sauf quand des permis de chasse sont délivrés pour des dizaines de milliers de dollars à des chasseurs venus d’Europe, des Etats-Unis ou de Russie, une opportunité qui a été ratée cette année grâce à la pandémie Covid-19. La piste de l’empoisonnement par des extrémistes ne peut pas à priori être écartée. Le repérage des carcasses dans la savane se fait par surveillance aérienne. Les carcasses de vautours ou de hyènes susceptibles d’être les victimes collatérales de l’empoisonnement des éléphants ne sont pas repérables par avion et les empoisonneurs potentiels peuvent disposer dans leur arsenal de substances létales exclusivement pour leur cible désignée. Le fait que la majorité des carcasses porte encore leurs défenses selon les rapports officiels ne suffit pas à écarter une mort violente d’origine humaine. En France, quand des ours sont tués, ils ne sont pas dépouillés de leur pelisse, de leurs pattes ou de leur vésicule biliaire ; la seule motivation des tueurs est la haine. Les éléphants peuvent être victimes d’une vendetta régionale, d’un mauvais vent en provenance de Maun, la ville principale du Nord. A ce jour la piste de l’empoisonnement à l’anthrax a été rejetée par le gouvernement du Botswana. Celle du Covid-19 est invraisemblable. Les zoonoses ne connaissent pas les frontières et aucune mortalité massive d’éléphants n’est pour l’instant signalée en Namibie, en Angola, en Zambie ou au Zimbabwe.

DR

 

 

 

 

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