Il ressort de l’enquête publique sur la demande d’autorisation de création d’un réacteur nucléaire à Flamanville qui se clôture aujourd’hui que beaucoup d’éléments objectifs comme les difficultés du chantier tête de série en Finlande et réglementaires comme les lois du 13 juin 2006 et du 28 juin 2006 relatives à la sécurité nucléaire et à la gestion des déchets n’ont pas été pris en compte.
Les dates de l’enquête (15 juin – 31 juillet) sont suspectes. Elles évitent de prendre en compte et de mettre en perspective les lois les plus récentes sur les activités nucléaires. Elles évitent aussi de mettre en avant le retour d’expérience du chantier EPR en Finlande, les retards, modifications et contre-expertises qui sont imposés par l’autorité de tutelle finlandaise.
Le périmètre de l’enquête publique est obsolète. Il est du même ordre que celui de l’enquête de novembre 1976 sur les 2 réacteurs PWR. 30 ans de retours d’expérience sur l’extension des accidents et des catastrophes nucléaires, 20 ans de Tchernobyl et de progrès réalisés sur la connaissance des effets des faibles doses n’ont pas convaincu EDF d’intéresser l’ensemble de l’ouest de la France et les îles anglo-normandes aux impacts et aux risques d’EPR.
L’enquête est muette sur l’actionnariat d’EPR et notamment la participation italienne et sa contrepartie d’exportation massive d’électricité vers l’Italie. Le sujet des déchets de responsabilité italienne n’est pas évoqué.
L’enquête est trompeuse. En prétendant accéder avec l’EPR au risque zéro ou quasi zéro, EDF dit que le dimensionnement maximal d’un accident évitera en toutes circonstances d’avoir recours à l’évacuation même temporaire des habitants. Elle laisse entendre que la commune de Flamanville a élaboré et notifié son Plan Communal de Sauvegarde en conformité avec la loi de modernisation civile de 2004 ; c’est faux, ce document sera disponible, dans au mieux 1 an.
Les risques d’accidents à causes initiales externes sont omis. Les marées noires n’existent pas, non plus que les risques de dérives de conteneurs ou de déversements volontaires ou involontaires de substances dangereuses pour le fonctionnement du réacteur dans le canal d’amenée des eaux de refroidissement du complexe nucléaire de Flamanville.
Le réchauffement climatique pourtant constamment mis en avant par EDF et Areva est occulté comme s’il était exclu que la température de l’eau de mer n’excédera jamais la température de 19 ° pendant la durée de vie-cible de l’EPR (60 ans ).
Robin des Bois demande au commissaire-enquêteur, au Préfet de la Manche, à l’Autorité de Sûreté Nucléaire et au Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable d’émettre des avis défavorables à l’issue de cette enquête et d’en ordonner une 2ème loyale, mise à jour et groupée avec l’enquête relative aux prélèvements d’eau et aux rejets d’effluents liquides pendant le chantier et pendant les essais du réacteur qui, elle, s’est tenue dans la plus grande discrétion possible du 15 juin au 15 juillet 2006. Nous récusons à l’avance toute argumentation visant à faire croire que le débat public national sur EPR qui s’est tenu de novembre 2005 à avril 2006 a apporté des informations supplémentaires ; en effet ce débat qui s’est caractérisé par une très faible participation du public n’a pas abordé le domaine technique spécifique à l’EPR de Flamanville et l’enquête publique reste la 1ère étape administrative obligatoire à franchir pour tout projet industriel.
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