L’autre manière de voir le Clémenceau

30 déc. 2005

La Marine Nationale est le premier armateur européen à avoir procédé au désamiantage préalable d’un navire avant de le livrer aux ferrailleurs. Des dizaines de navires car-ferries, pétroliers, paquebots, chimiquiers ont quitté l’Europe en 2005 pour la démolition en Asie et en Turquie, sans dépollution préalable.

Le travail qui a été effectué sur le Clémenceau constitue un 1er pas vers l’assainissement des conditions de démantèlement des bateaux en fin de vie. Au moment de son désarmement, il contenait environ 1.000 t d’amiante. Aujourd’hui, l’épave en renferme environ 100 t. L’amiante a été déposé dans des centres de stockage agréés.

Il n’y a pas à l’heure actuelle en Europe de chantier ou au pire de plage d’échouage disponible pour le démantèlement de navires de grande taille. Le seul chantier européen disant avoir les capacités et cette vocation est implanté dans le port britannique d’Hartlepool. L’arrivée en remorque de vieux ravitailleurs de la marine américaine destinés au recyclage y a suscité il y a deux ans la bronca écologiste. Robin des Bois y a vu cependant ” un espoir pour les navires en fin de vie “. A Amsterdam, un chantier naval expérimente la déconstruction de navires de taille moyenne. La France ne fait rien.

La procédure de désamiantage du Clémenceau est positive. Il convient de ne pas en sous-estimer l’importance et au contraire de la mettre en avant pour obliger tous les armateurs européens à en faire autant. Où que soit ferraillé le Clémenceau, les travailleurs auront pour ce faire moins de risques sanitaires.

Il n’y a en France aucun endroit disponible immédiatement ou à court terme pour le démantèlement du Clémenceau et son désamiantage intégral.

S’il persiste à ne pas trouver de solution de recyclage, le Clémenceau sera ” océanisé ” dans le fond de la Méditerranée en tant que cible dans le cadre d’exercice de tirs. C’est la pire des solutions. Des nostalgiques en rêvent encore.

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