Le Havre du polystyrène

26 juin 2026

Des “icebergs” en polystyrène sont les vedettes d’Un Eté Au Havre, la manifestation culturelle de la ville normande honorée par l’Unesco. L’œuvre due à l’artiste franco-suisse Gaspard Combes a déjà pollué des lacs en Suisse. Au Havre, les “icebergs” surgissent dans le bassin du Commerce. “L’œuvre joue avec la lumière et rappelle la fragilité des paysages menacés par le réchauffement climatique”, s’emballe la direction artistique.

“Cageot en polystyrène en liberté sur les flots”
Œuvre d’art anonyme

Cet hiver, en prélude à la performance de cet été, un bloc de polystyrène a servi de test dans le bassin du Commerce. Il a été endommagé par les coups de vent et les goélands. Le polystyrène est friable et les fragments de ce résidu pétrochimique ont pris la fuite ou ont été mangés par les anguilles. Le bassin du commerce n’est pas une piscine. Il est connecté à l’estuaire de la Seine.

Les billes, granulats et particules de polystyrène envahissent les mers. Elles se comportent comme des leurres.  Elles sont ingérées par les fulmars, les albatros et les tortues marines. Elles se retrouvent en nanoparticules dans les crustacés, dans les moules et les huîtres. Sur toutes les plages-témoins du littoral européen, les déchets blancs de polystyrène sont en première ligne sur la liste noire des déchets invasifs. La matière première du polystyrène est le styrène, un dérivé d’hydrocarbures suspecté d’être cancérogène.

L’œuvre de l’artiste et la ville du Havre font la promotion d’un néo plancton fatal pour la faune marine.

 

Photo Andrea Izzotti/Shutterstock

 

 

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