Il y a 81 ans, le jeudi 9 août 1945 à 11h20 heure locale, c’était l’éclipse totale à Nagasaki. Le Bockscar B-29 avait largué à 11h02 sur la ville une bombe atomique avec dans son cœur 5 à 6 kg de plutonium 239, une nouveauté dont il fallait absolument tester grandeur nature l’efficacité selon le gouvernement des Etats-Unis d’Amérique, son état-major et certains revanchards de Pearl Harbor. La bombe atomique Fat Man d’une puissance équivalente à 20.000 tonnes de TNT a engendré une tempête de vent de plusieurs kilomètres de large et une pluie noire de débris d’hydrocarbures, de boues et de substances radioactives s’est abattue sur la ville pendant au moins deux heures.
Yamahata Yōsuke
La cible prioritaire pour la deuxième bombe atomique après Hiroshima la veille était en fait la ville de Kokura. Mais au-dessus de Kokura, la météo, les cendres et les fumées des bombardements conventionnels empêchaient toute visibilité. Il a donc été décidé de se rabattre sur le plan B, la ville de Nagasaki, environ 263.000 habitants dont 2500 travailleurs forcés coréens, 600 travailleurs forcés chinois et 400 prisonniers de guerre des Forces Alliées.
Question efficacité, le plutonium s’est révélé redoutable avec plus de 40.000 morts instantanés et 80.000 à la fin de l’année 1945, tous irradiés et brûlés. A cours de carburant, le Bockscar B-29 s’est ensuite posé en catastrophe sur l’île d’Okinawa qui était tombée aux mains des Forces Alliées 3 semaines auparavant. Le chef de mission avait pour directive en cas de nécessité et d’échec de l’expédition de larguer la bombe dans les eaux côtières du Japon, dans l’océan Pacifique, une sorte d’anticipation du largage (accidentel) de la bombe atomique au large de Palomares au sud de l’Espagne en 1966 (1).
Depuis le plutonium, cette hydre à deux têtes, une pour le militaire, une pour le civil, a proliféré. Il y en a plus de 70 tonnes dans l’enceinte de l’usine de la Hague près de Cherbourg en Normandie qui de plus en plus ressemble par ses défenses et ses accès à une base militaire. Plus inquiétant encore, un industriel italien de la métallurgie a injecté plusieurs millions d’euros dans “Newcleo”, un projet hybride de conditionnement du plutonium et de son incorporation dans des combustibles MOX (uranium + plutonium) pour des petits réacteurs nucléaires modulaires. Les combustibles seraient assemblés près de la centrale de Nogent-sur-Seine à 90 kilomètres de Paris et le démonstrateur serait implanté près de la centrale nucléaire de Chinon sur les rives de la Loire. Le plutonium est le plus toxique et le plus cancérogène des radionucléides artificiels.
Dans Les pierres qui guérissent disponible dans les bureaux de Poste, les supermarchés d’autoroutes et des sites de vente en ligne, les éditions Aedis basées à Vichy nous rassurent pour 3,5 €. La malachite, “pierre extrêmement puissante, peut-être l’une des plus puissantes pierres de guérison du troisième millénaire, protège contre les pollutions internes et externes, les radiations et les ondes électromagnétiques néfastes”. L’auteure de l’ouvrage qui selon son blog est rédactrice en chef de “Médecine Naturelle” et fondatrice du magazine “Paris Rive Bio” va même jusqu’à écrire que la malachite portée en bijoux “ou sur le 3ème œil (à la racine du nez entre les deux yeux), protège également contre les radiations dues au plutonium”. C’est tout juste si le chapitre malachite du Petit Guide Les pierres qui guérissent ne conseille pas aux riverains des centrales nucléaires et autres Installations Nucléaires de Base civiles ou militaires d’avoir chez eux des cailloux de malachite sur une étagère à côté des comprimés d’iode censés, selon l’Autorité de Sûreté Nucléaire et de Radioprotection et le ministère de l’Intérieur, protéger la glande thyroïde en cas d’accident d’origine atomique.
(1) De Franco à Trump : la saga thermonucléaire, Robin des Bois, 2019
Charles Levy – USNARA
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