Les Inspecteurs Gadget de l’OMS

31 mars 2021

Mise à jour, 31 mars 2021
Le Directeur général de l’Organisation Mondiale de la Santé Tedros Adhanom Ghebreyesus demande la conduite d’une enquête spécifique sur l’hypothèse d’un accident de laboratoire chinois.

Communiqué Robin des Bois du 11 février 2021
Les catastrophes sont les boosters de la sécurité. Le Titanic a fait progresser la sécurité maritime. L’Erika a poussé à la casse les tankers rouillés. Seveso a amélioré la gestion des usines à risques. Fukushima a déclenché des stress tests dans les centrales nucléaires européennes. Lubrizol a accouché du BEA (Bureau d’Enquêtes et d’Analyses) Risques Industriels. Le 18 mai 2002, 8 mois après l’attentat du World Trade Center à New York, l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) « gravement préoccupée par les menaces contre les populations civiles » a invité instamment tous ses pays membres à envisager de mettre au point de nouveaux instruments permettant de maîtriser ou d’atténuer les effets de la dissémination accidentelle ou délibérée d’agents biologiques (voir en lien). L’appel de l’OMS concernait aussi les agents chimiques et radioactifs.

La Dactylo en Normandie. Photo Robin des Bois, janvier 2021

Le chef de la mission de l’OMS qui a visité Wuhan plus d’un an après l’émergence de la pandémie Covid-19 semble avoir perdu la mémoire de l’appel de 2002. Il a estimé lors de la conférence de presse du mardi 9 février 2021 que l’hypothèse de la fuite d’un virus à partir d’un laboratoire était « hautement improbable ».

En tout état de cause, la mission OMS ne disposait pas du temps, de la liberté et des compétences nécessaires pour vérifier l’étanchéité des laboratoires P3 et P4 de Wuhan, la robustesse des systèmes d’évacuation des eaux usées, l’efficacité du traitement des effluents atmosphériques et les modalités d’élimination des litières et des corps des animaux soumis à des inoculations de micro-organismes pathogènes et contagieux.

La formule du « hautement improbable » est une parade lexicale de plus en plus employée par les experts en risques industriels et les exploitants pour leur éviter d’aborder des scénarios dont les causes ne peuvent pas être exclues du champ du possible et dont les conséquences sont difficilement acceptables par l’opinion publique. Les experts et les communicants emploient aussi l’expression de scénarios « hors dimensionnement » pour balayer ces hypothèses de travail embarrassantes.

Entre 2002 et 2019, l’année de la Covid-19, il ne s’est rien passé de substantiel pour renforcer le pouvoir de contrôle et d’ingérence de la Convention sur l’interdiction des armes biologiques entrée en vigueur en 1975. Vigueur n’est pas le mot approprié pour caractériser cet instrument international. A la différence de la Convention sur l’interdiction des armes chimiques, la Convention sur l’interdiction des armes biologiques ne dispose pas en permanence d’un corps d’experts autorisé par les Etats membres à mener des inspections de routine et si nécessaire des inspections par mise en demeure.

La catastrophe Covid-19 débouche seulement sur un flux d’informations contradictoires déversé nuit et jour par les pouvoirs politiques, scientifiques et médiatiques.

Quelle que soit l’origine de la pandémie Covid-19, Robin des Bois en écho à l’appel de l’OMS en date de l’année 2002 demande la mise en place d’un système international de surveillance et de contrôle de tous les laboratoires biologiques où sont mises en œuvre des recherches sur les toxines, les bactéries et les virus hautement pathogènes, contagieux et potentiellement mortels. Ce droit d’inspection s’appliquerait à tous les P4 et P3 en Chine, aux Etats-Unis, en France, en Allemagne, au Royaume-Uni, en Suisse, en Russie et dans tous les autres pays détenteurs. La revendication de Robin des Bois est d’autant plus légitime que dans un certain nombre de laboratoires peuvent être développés des vaccins mais aussi des armes de destruction massive. La filière pharmaco biologique est confrontée à la même dualité et aux mêmes dérives que la filière nucléaire.

Dès 1999, l’ONG Robin des Bois a sonné l’alarme sur les risques de dissémination de virus à partir des laboratoires et instituts qui cultivent des virus et autres micro-organismes contagieux et mortels (« P4 : Le virus du secret se développe à Lyon », 6 mars 1999). En mai 2018, Robin des Bois dans l’Atlas de la France toxique a longuement évoqué les risques du laboratoire P4 dans le chapitre consacré à Lyon, s’étonnant en particulier qu’une telle bombe bactériologique ait pu s’installer au cœur de la ville sans enquête publique préalable. Le 16 mars 2020, immédiatement après la mise en place du premier confinement Covid-19 et le 27 avril, Robin des Bois a publié les communiqués « Contre le virus du secret » et « Les failles de la Convention sur les Armes Biologiques ».

 

 

 

 

 

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