Sites pollués

Les strates de l’industrialisation et la désindustrialisation ont superposé dans les sols et sous-sols terrestres et aquatiques des couches de pollutions et greffé dans le paysage et la géologie des bâtiments pollués, des amas de stériles, des fûts et des cuves qui libèrent au fur et à mesure de leur exposition aux intempéries et de la corrosion des résidus et poussières toxiques. L’empreinte écologique de ces ex-activités a une tendance naturelle à s’effacer de la mémoire collective et administrative. Gare à l’oubli et aux reconversions hâtives des friches industrielles et des stations-service.

Les balades interdites des mâchefers du Havre

23 déc. 1997

Objet : gestion des déchets au Havre

La station de maturation des mâchefers en cours d’implantation au lieu-dit les Gabions n’est pas acceptable en l’état. Le procédé Scorcim en cours de mise au point n’est pas validé par le Ministère de l’Environnement. La qualité géotechnique de tels mâchefers n’est pas assurée et leur innocuité environnementale n’est pas garantie. Les mâchefers de l’incinérateur en activité dans le quartier des Neiges contiennent un pourcentage important d’imbrûlés, mélangés avec des cendres volantes. D’autres voies sont ouvertes dans le domaine des granulats de substitution, autres que l’utilisation de sous-produits de l’incinération, comme la récupération et le recyclage des gravats de démolition. La zone des Gabions, sur la commune de Gonfreville-l’Orcher devient en vérité un dépotoir à déchets, implantée sur une zone humide utilisée comme aire de repos par les oiseaux migrateurs ; le transfert des polluants vers l’estuaire de la Seine et le réseau de canaux et bassins du port du Havre n’est pas étudié. Outre le centre expérimental de dégradation biologique des déchets d’usines à gaz de GDF, la plate-forme de démantèlement de l’usine Norsk Hydro et le tumulus de phosphogypses – ces deux sites sont inscrits à l’inventaire des sites pollués de l’Agence Nationale des Déchets Radioactifs (ANDRA) – la même zone sert de transit aux « cendres fraîches » de la centrale thermique du quartier de l’Eure.

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La Flèche n°30

14 oct. 1997

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La Flèche n°29

21 juin 1997

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Le Lézard

26 déc. 1996

Objet : pollution de rivière

Dernières nouvelles : Suite aux protestations des riverains et de ROBIN DES BOIS une partie des boues a été enlevée et stockée en décharge de classe II.

En octobre 1995, une entreprise locale a procédé à l’extraction d’environ 5.000 tonnes de boues dans la Lézarde, une rivière qui traverse Montivilliers et Harfleur dans la banlieue du Havre avant de se jeter dans le canal de Tancarville. Malgré les multiples pollutions observées ces dernières années sur le segment concerné de la Lézarde, les boues susceptibles d’être lourdement contaminées par les éléments-traces et les hydrocarbures totaux nuisant à la salubrité publique, à l’environnement et aux ressources en eaux superficielles et souterraines n’ont fait l’objet d’aucune analyse préalable. Après curage, elles ont été immédiatement nivelées sur environ 1 km de long. Selon la pratique dite du « régalage », un ruban de boues compactées, large d’environ 5 mètres occupe la berge gauche de la Lézarde sur les territoires des communes d’Harfleur et surtout de Montivilliers, derrière la zone d’aménagement commercial de la Lézarde.

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Corse : la fracture de l’amiante

14 oct. 1996

Plus de 30 ans après la fermeture des carrières, mines et sites de traitement et d’ensachage de Canari, à l’ouest du Cap Corse, le spectacle monumental de la négligence des industriels de l’amiante hypothèque la qualité de vie et l’avenir touristique du Cap Corse et du Golfe de Saint Florent. C’est grâce à l’action commune de l’Union du Peuple Corse (UPC) et de l’association Robin des Bois, en collaboration avec la municipalité de Canari et la communauté de communes du Cap Corse, que le processus de remédiation prend enfin forme, après une première inscription à l’inventaire des sites pollués publié par le Ministère de l’Environnement en janvier 1993.

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1927 – 1965

14 oct. 1996

Le site amiantifère de Canari se transforme en gigantesque friche industrielle. La montagne et la mer sont polluées.

C’est un géologue suisse qui a découvert le gisement d’amiante du Cap Corse en 1925. A partir de 1927, Monsieur Cuvelier, fondateur de la société Eternit exploite le filon.

De nouvelles installations sont mises en route en 1949. Au cours du dernier semestre de cette année de mise en route, la production de fibre est d’environ

1000 tonnes. Mais la production projetée, avec un travail de jour et de nuit, est de 500 tonnes par mois, l’objectif étant de couvrir 20 % des besoins français puis 50 %.

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Canari: la facture de l’amiante

21 juin 1996

Au début de la semaine prochaine, une réunion capitale pour l’avenir du Cap Corse se tiendra au siège du Comité Permanent Amiante à Paris, en présence de hauts responsables du Ministère de l’Environnement et des sociétés Eternit, Saint-Gobain, Fibrociment et Everit, actionnaires majoritaires de l’ex-Société Minière de l’Amiante qui a exploité entre 1937 et 1965 des carrières et une usine de traitement et conditionnement d’amiante à Canari.

Après avoir déversé 12 millions de tonnes de déchets dans le Golfe de Saint-Florent, négligé les prescriptions réglementaires concernant le travail en milieu amiantifère – 5 dockers du port de Bastia sont morts de cancers provoqués par l’amiante -, les exploitants ont laissé le site dans un état lamentable, exposant les riverains et les occupants à titre précaire de certains locaux industriels aux risques de cancérogénèse et aux glissements de cônes de déchets.

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Concours pour l’appellation du Grand Stade : propositions de Robin des Bois

15 nov. 1995

Le stade du goudron
40 000 tonnes de goudron ont été excavées du site et incinérées dans des conditions médiocres, y compris dans des cimenteries. Le goudron avait été oublié par Gaz de France depuis la fermeture de l’usine à gaz du Cornillon en 1957. Le goudron, sous-produit fatal de la distillation du charbon est nocif pour les nappes phréatiques.

Le stade du Megabombus ruderatus
Les cloaques de goudron étaient enfouis à partir de trois mètres de profondeur. La friche du Cornillon avait été recolonisée par des arbustes épineux et fruitiers. Selon André Pouvreaux, directeur du laboratoire de neurobiologie comparée des invertébrés, à Bures-sur-Yvette, le Mégabombus ruderatus, alias le « bourdon des friches », insecte strictement protégé en Ile-de-France aurait pu être représenté sur la friche du Cornillon. Son rôle pollinisateur est utile aux vergers de la banlieue Nord de Paris. Malgré les assurances de Mr. François Kosciusko-Morizet, aucun inventaire faune-flore n’a été réalisé sur le site. Les bulldozers sont arrivés avant les naturalistes, au mépris total de la loi.

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La Flèche n°27

3 mai 1995

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La Flèche n°26

3 oct. 1994

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