Le porte-conteneurs Espirito Santo Express devait arriver le 18 octobre 2026 pour une nouvelle escale à Santos (Etat de São Paulo, Brésil). En provenance de Singapour, il a pris feu le 15 octobre 2026 dans l’Atlantique sud, à 2500 milles (4500 km) de l’Afrique du Sud. Aujourd’hui vendredi 6 novembre, l’incendie s’est endormi après avoir dévoré tout le navire. Restent les fumerolles et les risques de reprises. Après le port de Santos, le porte-conteneurs devait desservir Paranagua, Navegantes et Rio Grande au Brésil puis Montevideo en Uruguay et Buenos Aires en Argentine. Il devait contribuer au remplissage des hypermarchés et autres activités commerciales pour les fêtes de fin d’année avec toute la quincaillerie numérique, les jouets garnis de batteries au lithium, les feux d’artifice, plus les matières dangereuses destinées à l’industrie pétrochimique et à l’agriculture industrielle.
L’Espirito Santo Express arrivant au port de Santos, Brésil, le 17 mars 2026
© Leandro Gama
Le départ de feu ou l’explosion initiale ont été signalés dans un des 10.000 conteneurs, dans la partie avant, devant les lieux de vie de l’équipage dominés par le poste de commandement et de surveillance. Les 28 membres internationaux de l’équipage ont été évacués grâce à la solidarité et à l’agilité du vraquier Aeolian Arrow (pavillon Portugal bis, port d’attache Madère). Malheureusement, ce sauvetage périlleux entre gens de mer a été endeuillé par la mort du commandant en second de l’Aeolian Arrow.
L’alerte aux navigateurs émise par le Brésil chargé de la sécurité maritime dans le secteur Navarea V s’étendant du large de la Guyane française à l’Uruguay leur a enjoint de respecter une distance de sécurité en raison des risques d’explosion et de chute de conteneurs à la mer et de la mauvaise visibilité.
Un Embraer KC-390 de la FAB (Força Aérea Brasileira) s’est envolé de Rio de Janeiro pour survoler le sinistre. Il n’a sans doute pas pu avoir une vision claire de la scène à cause du panache de fumée et de la pollution atmosphérique considérable typiques de cette catégorie d’incendie.
L’épave de l’Espirito Santo Express a été prise en remorque par le Navvik Leader (pavillon Danemark). Le convoi est accompagné par le Maersk Topper (pavillon Brésil) et le StarNav Delphinus (pavillon Brésil), deux navires polyvalents qui ont été détournés de leurs missions dans les champs pétroliers offshore pour tenter de circonscrire l’incendie à bord de l’Espirito Santo Express.
Entre le vendredi 30 octobre et le mercredi 4 novembre, le convoi se dirigeait à la vitesse d’environ 4 nœuds/h en direction du Brésil. Mais ce mercredi à 20h, à la limite de la Zone Economique Exclusive telle qu’elle est revendiquée par le Brésil depuis 2018, il a pris le cap opposé.
Sous la présidence de Jair Bolsonaro (Stellar Banner, minéralier, juin 2020) et sous la présidence de Luiz Inácio Lula da Silva (São Paulo, ex-porte-avions Foch, février 2023), la doctrine préférentielle du Brésil pour les navires en difficulté était le torpillage et l’immersion volontaire (*).
Il est impossible de torpiller le porte-conteneurs au risque de disperser dans l’océan Atlantique des milliers d’épaves flottantes ou entre deux eaux et de provoquer une marée de déchets, une série de collisions et de pollutions. Il appartient donc maintenant et dans les meilleurs délais à l’Autorité brésilienne de désigner une baie ou un port refuge où l’Espirito Santo Express pourra faire l’objet d’un diagnostic complet et d’un allègement de conteneurs avant d’être rentré dans un port et un chantier de démolition. Le Brésil est confronté à un grave embouteillage de navires désaffectés, rouillés et semi-coulés, notamment dans la baie de Guanabara à côté de Rio de Janeiro (cf. “A la Casse” n°69 p.65-67, n°70 p.11 et p.78) et à Santos.
Espirito Santo Express
OMI 9793923
Porte-conteneurs
Ex-Seaspan Harrier, Kota Perkasa
Pavillon : Singapour (ex-Hong Kong)
Année de construction : 2018
Capacité : 11.800 conteneurs de 20 pieds
Armateur : Seaspan 1215 Pte Ltd (Singapour) exploité par Seaspan Ship Management Ltd (Vancouver, Canada)
Affréteur : Hapag-Lloyd (Hambourg, Allemagne)
Société de classification : American Bureau of Shipping (IACS) (Etats-Unis d’Amérique)
Gestionnaire ISM : Seaspan Ship Management Ltd (Vancouver, Canada)
Longueur : 330 m
Largeur : 48,2 m
Aeolian Arrow
OMI 9671814
Vraquier
Pavillon : Portugal (Madère) (ex-Chypre)
Année de construction : 2018
Armateur : Mornos Maritime Inc (Iles Marshall) exploité par Swissmarine Inc (Athènes, Grèce)
Société de classification : Nippon Kaiji Kyokai (IACS) (Japon)
Gestionnaire ISM : Swissmarine Inc (Athènes, Grèce)
Longueur : 229 m
L’Aeolian Arrow, Port de San Lorenzo, Argentine, le 3 mars 2026
© Maxi Alonso
(*) Sur le torpillage du Sao Paulo ex-Foch et du Stellar Banner :
“A la Casse” n°58 p.7, La fauche du Foch, p. 7, février 2020
“A la Casse” n°64 p.15, Vente du Sao Paulo, p. 15, novembre 2021
L’ex-Foch, jumeau du Clemenceau, en route pour la casse en Turquie, 25 août 2022
Quel avenir pour le Sao Paulo, ex-Foch ?, 2 septembre 2022
Le porte-avions Sao Paulo est banni au Brésil !, 7 octobre 2022
L’ex-porte-avions Foch en route vers l’inconnu, 20 janvier 2023
Mise à jour – Porte-avions Sao Paulo, ex-Foch, 21 janvier 2023
Sabordage du Sao Paulo : la pollution a de l’avenir, 4 février 2023
“A la Casse” n°68 p.3-4, Ex-Foch, le Monde à l’envers, 21 février 2023
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